Globalement, c’est très positif!
80% des projets sont réalisés

16 janvier 2006

Bilan de la première opération de développement rural et quelques pistes d’avenir

La décision de mener à bien une opération de développement rural avait été prise par le Conseil communal en avril 1989. La mise en route d’autres études dans l’entité, nécessaire à une approche pluridisciplinaire du territoire et la mise en œuvre des programmes de gestion dynamique, ont fait que l’opération n’a démarré dans les faits qu’en 1991, avec la désignation de la Fondation Rurale de Wallonie comme organisme d’animation et l’asbl «Espace – Environnement» comme auteur du Programme Communal de Développement Rural (PCDR). Les phases d’information et de consultation se sont déroulées d’octobre 1991 à août 1992.

La Commission Locale de Développement Rural (CLDR) avait ensuite pris le relais pour examiner les propositions des différents groupes de travail et élaborer le PCDR. Ce dernier a été approuvé par le Conseil communal le 28 mars 1994.

Parallèlement, le Conseil communal a décidé la mise en oeuvre d’un Schéma de Structure Communal (SSC). Cela a permis de mener une réflexion globale et prospective de l’aménagement du territoire communal. Les lancements simultanés du PCDR et du SSC ont induit un contexte d’aménagement favorable à Pont-à-Celles.

Les projets réalisés au cours de l’opération de développement rural soutenaient des objectifs variés émanant des groupes de travail autour de thèmes aussi divers que le cadre de vie, la communication, le patrimoine, l’économie, les services, les transports en commun ou les logements.

La liste ci-dessous synthétise les différents projets réalisés (jusqu’à ce jour) au cours de la première opération de développement rural.

Liste des projets réalisés depuis 1994 jusqu’à ce jour et inscrits dans le 1er PCDR:
  • La sensibilisation à la prise en compte par chacun de la gestion de l’espace rural: le PCDN.
  • La reconstitution et la gestion du patrimoine commun naturel: l’extension de 30 ha de la réserve naturelle de Viesville, l’acquisition d’un site de haute valeur à Biernimont, des espaces verts près de l’école de la Ruhr, la gestion du bois des Manants .
  • L’aménagement de circuits pédestres de découverte régionale: Pays de Geminiacum.
  • L’amélioration des systèmes de collecte et de recyclage des déchets.
  • L’amélioration de la signalisation à l’intérieur de l’entité.
  • L’amélioration du bulletin d’informations communales.
  • La création d’une petite zone d’activités artisanales.
  • L’encadrement des enfants pendant la période des vacances scolaires.
  • Lobbying vis-à-vis des TEC et de la SNCB pour les transports en commun (cf lignes de bus desserte Liberchies et Rosseignies,…).
  • La mise en place d’une halte accueil pour les petits enfants (projet abandonné).
  • La valorisation paysagère de la vallée du Buzet: circuit liaison lente de Buzet à Pont-à-Celles (en cours de travaux).
  • La réfection de voiries agricoles.
  • La création de maisons de village (lieux de convivialité villageoise) dans d’anciens bâtiments communaux: Rosseignies (à côté de l’école), Obaix-Buzet (dans l’ancienne maison communale), Liberchies (à côté du musée), Luttre (près de l’école, rue Quévry), Viesville (ancienne gare), Thiméon (ancienne école classée).
  • L’aménagement fonctionnel et convivial de nombreuses places publiques: la place du village de Liberchies, la place communale de Pont-à-Celles, la place du Fichaux (dossier en cours de réalisation), la place des Combattants à Viesville, la place des Résistants à Viesville (dossier en cours de réalisation).
  • L’embellissement de petits espaces publics: à Viesville, l’aire de détente près de la Maison de la Laïcité à Luttre, la place Commune Estienne à Thiméon, la place du Centenaire à Luttre, la placette devant l’école d’Obaix (dossier en cours de réalisation).
  • Le marquage et la sécurisation de nombreuses entrées de village à Rosseignies (rue de Petit-Roeulx), à Obaix (au carrefour rue des 40 Bonniers et rue des Couturelles), (rue du village et placette, dossier en cours de réalisation), à Thiméon (rue Azebois, dossier en cours de réalisation).
  • L’épuration des eaux qui se déversent dans le Tintia.
  • La valorisation d’un certain nombre de sites d’activités économiques désaffectés sur l’entité.
  • La mise en place d’un service d’accueil et de promotion des activités économiques (ADL).
  • L’assainissement des eaux usées du quartier de Taillée Voie à Buzet.
  • L’aménagement d’une liaison pour usagers lents entre Liberchies et Frasnes (en cours).
  • L’aménagement de liaisons piétonnes (ancien lit du Marais Roseau à Pont-à-Celles, ancienne voie de chemin de fer à Viesville vers Tintia, le long de la vallée du Buzet entre Pont-à-Celles et Buzet, le sentier du Warchais).
  • La création d’un espace d’accueil et de promotion du Pays de Geminiacum à Liberchies.

Les principales difficultés rencontrées sont liées au manque de suivi et/ou de respect des aménagements réalisés. La convivialité, bien qu’étant importante et agréable à la vie communale, est difficile à mettre en œuvre car elle engendre des nuisances telles que le bruit. De plus, si des infrastructures existent grâce à cette opération, le personnel ou le matériel, permettant d’animer et de gérer les activités, ne sont pas toujours présents ou prévus ce qui ne permet pas une utilisation optimale de ces lieux de convivialité. De plus, une opération de développement rural est une procédure de longue haleine. Au cours de sa mise en œuvre, l’intérêt qu’avait la CLDR à se mobiliser s’est amoindri et un essoufflement du mouvement s’est progressivement installé. Notons également la méconnaissance du PCDR des personnes non impliquées au processus. Ceci qui souligne l’importance de l’information et de la communication régulière et envers tous les citoyens.

Hormis ces petites imperfections, cette opération s’est globalement très bien déroulée puisqu’à ce jour 80% des projets ont été réalisés. Les 20% restant étant soit des projets abandonnés, soit des projets en cours de réalisation.

Les projets ont considérablement contribués à l’amélioration du cadre de vie, c’est le cas notamment des travaux de rénovation de places publiques, de l’aménagement des cours de récréation dans les écoles, et de la reconstitution et de la gestion du patrimoine naturel grâce à des plantations ou à l’établissement de circuits promenades. La sécurité de déplacement a été améliorée par l’adaptation des entrées de villages, des abords des écoles, des voiries de transit ou encore par l’installation de panneaux de signalisation. Une attention particulière a également été portée à la conservation du caractère rural de l’entité.

Quelques projets ont favorisé l’information et le dialogue entre la commune et les habitants. C’est le cas par exemple du bulletin communal adapté aux besoins des citoyens. Il permet d’informer l’ensemble de la population des différentes activités et projets mis en place sur la commune.

Une partie du patrimoine naturel et bâti a pu être conservé et valorisé grâce à des projets tels que l’acquisition de la zone humide du Bernimont, l’élargissement de la réserve naturelle de Viesville ou encore grâce à l’entretien du patrimoine communal.

Le maintien des activités agricoles a été assuré par la réfection de chemins agricoles et le développement intégré d’exploitations. De même, pour les autres secteurs économiques,des structures d’aides ont été mises sur pied comme la maison de l’emploi, l’Agence de Développement Locale ou encore l’Agence Locale pour l’Emploi. Le projet de valorisation des ressources locales au travers de l’espace d’accueil à Liberchies renforce cette image positive et dynamique de la commune.

En ce qui concerne les services publics, des équipements sportifs légers ont été aménagés pour l’enfance et la jeunesse. La desserte en transports en commun a été améliorée et le nombre de logements sociaux a légèrement augmenté.

Outre tous ces bénéfices «visibles» sur le territoire, des effets positifs sous-jacents sont nés. La participation citoyenne n’avait jusque là pas encore été pratiquée sur le territoire. Petit à petit, une fierté de son territoire et une confiance en son potentiel se sont installées. Un véritable dynamisme s’est progressivement créé laissant place à de nouveaux projets d’envergure en terme de culture et de tourisme. Ce dynamisme a été alimenté par les contacts établis lors de la constitution de ce PCDR. L’inventaire et le diagnostic du territoire ont donné l’impulsion à d’autres projets tels que la constitution d’un dossier «leader[1]» ce qui a permis de créer plus tard l’ASBL «Pays de Geminiacum» (en collaboration avec la commune de Les Bons Villers) ou encore le «contrat biodiversité» qui est devenuPlan Communal de Développement de la Nature (PCDN).

Si au moment du lancement de la première opération de développement rural, la commune nécessitait des aménagements de places, de bâtiments pour redorer son image et sa vision des citoyens, aujourd’hui, d’autres dimensions plus humaines et plus sociales peuvent être envisagées tout en veillant à la faisabilité financière.

Finalement, une opération de développement rural est une procédure assez lourde à mettre en œuvre étant donné le nombre de projets développés. Alors que le premier PCDR s’attachait à des objectifs larges avec de nombreux projets, le second gagnerait en qualité si les initiatives étaient regroupées avec des actions bien ciblées tout en s’ancrant sur les bases existantes (PCDR de Les Bons Villers, le pays de Geminiacum, le PCDN,…).


[1] Programme européen destiné aux zones rurales. Il permet de soutenir des territoires porteurs d'une stratégie de développement organisée autour d'un thème fédérateur